Le 25 juillet 1915 naît dans le village de Vezzani, situé en Haute Corse, Albert, Alexandre Preziosi. Son père Pierre est gendarme et sa mère Marianne, née Paoli, est ménagère.
Le 7 juillet 1931 il obtient au lycée Thiers de Marseille la 1ère partie du baccalauréat et passe avec succès la seconde partie un an plus tard. Continuant ses études supérieures afin de préparer les concours aux grandes écoles et très attiré par l’aviation, il décide alors de préparer le concours d’admission à la toute nouvelle école de l’Air.
A l’issue des épreuves, il est classé 58ème sur les 273 inscrits et donc admissible. Le 4 novembre 1935, les 55 élèves retenus après examen médical font leur rentrée à la caserne des Petites Écuries à Versailles et constituent la première promotion de l’École de l’air.
Malheureusement, il est victime le 7 juin 1936 d’un grave accident de voiture conduite par Pierre Matras en compagnie d’un autre élève Jean Ginestous. Albert Preziosi est grièvement blessé et Ginestous est tué sur le coup.
Il souffre, entre autres, d’une fracture de l’atlas entraînant une quadriplégie transitoire. Finalement après huit longs mois d’alitement, il peut enfin se lever et commencer la rééducation. Il quitte le Val de Grâce le 22 juillet 1937 et ce n’est que le 22 octobre qu’il peut rejoindre l’École de l’air. De cet accident, il garde quelques séquelles, notamment une diminution de la rotation latérale de la tête, et une grande cicatrice sur la joue droite.
Le 12 novembre la commission médicale le déclare inapte définitivement à tous emplois du personnel navigant, et l’armée de l’air lui permet d’effectuer sa deuxième année d’école mais avec un programme adapté très orienté vers l’administration et la gestion de personnel. Ses études terminées, il est affecté le 28 novembre 1938 à la 35ème escadre aérienne de Lyon comme adjoint du commandant du bataillon de l’air 105.
Le 26 août 1939, il est nommé commandant de la compagnie de munitions 13/105. En fait, il n’exercera pas longtemps ce commandement, car à la suite d’une demande de contre-expertise, la commission médicale de la base de Lyon le déclare, le 21 septembre, apte physiquement aux fonctions de personnel navigant. Il est alors dirigé sur l’école auxiliaire de pilotage de Melun Villaroche afin d’y obtenir son brevet de pilote qu’il obtient le 19 janvier 1940 avec le N° 29101. Le 16 mars, A. Preziosi est transféré à l’école de pilotage N° 102 d’Orly pour y parfaire ses techniques de pilotage, pour ensuite être affecté le 1er juin à l’école de pilotage N°101 qui était initialement à Saint-Cyr-l’École et qui s’est repliée à Royan le 23 mai devant l’avance allemande.
Refusant la défaite, il décide le 17 juin de rejoindre l’Angleterre en Caudron Simoun 635 avec les capitaines Gaillet et Soufflet et les lieutenants Ezanno et Moisan. Ces cinq français sont les premiers pilotes à rejoindre l’Angleterre. Tous s’engagent dans les Forces Aériennes Françaises libres, Preziosi y ayant le matricule 30.174.
Il est envoyé le 2 août à la base d’Odiham, et ce n’est qu’un peu plus de six mois après son arrivée qu’il est transféré le 15 février 1941 à Ternhill où se trouve la 5 Service Flying Training School qui prépare à l’obtention du brevet de pilote de chasse la RAF. A l’issue de sa formation, il est volontaire pour le Moyen-Orient, et il est officiellement muté le 1er juin sur la base aérienne de Rayak au Liban. Fin septembre, il est affecté au tout nouveau groupe de chasse Alsace créé depuis 15 jours sous les ordres du Cdt Tulasne.
Après de nombreuses missions de protection de convois maritimes en Hurricane MkI, trop loin des avions ennemis à son goût, il est parmi les premiers volontaires pour le nouveau groupe de chasse appelé à combattre en URSS.
Arrivé le 1er décembre à Ivanovo, Preziosi débute comme les autres pilotes du GC Normandie l’entraînement sur Yak-1b à la fin de l’année 1942.
Après trois mois, le GC 3 part au front pour être intégré comme unité de protection de la 204ème division d’aviation de bombardement.
Le 5 avril 1943, en compagnie d’Albert Durand, il est chargé d’escorter deux Pe-2 du 130ème régiment de bombardiers qui doivent attaquer des voies ferrées. Au cours de cette mission il obtient la première victoire du Normandie en abattant un FW-190.
Le 16 juin, en patrouille avec Marcel Albert il abat un Fw-189, puis un mois plus tard il obtient avec cinq autres pilotes français une victoire sur un Me-110. Le 17 juillet avec Marcel Albert il réussit à abattre un FW-190, sa 4ème victoire. Le même jour disparait le Cdt Tulasne remplacé aussitôt par le Cdt Pouyade qui nomme Preziosi chef de la première escadrille.
Malheureusement, le 28 juillet 1943, au retour d’une mission au cours de laquelle les pilotes français ont combattu des FW-190, Albert Preziosi disparait sans que l’on sache ce qui s’est réellement passé. Il est le 11ème pilote à disparaître depuis que le Normandie est engagé. Malgré les recherches effectuées les jours suivants, on ne retrouva jamais le corps d’Albert Preziosi qui fût déclaré porté disparu et “mort pour la France” en opération aérienne. Il avait 28 ans.
Le 24 août 1943, il est décoré de l’ordre de la guerre patriotique de 2ème classe, le 15 septembre 1943, deux citations lui sont attribuées et le 22 octobre, il est cité à l’ordre de l’escadre aérienne. La promotion 1944 de l’école de l’air de Salon de Provence l’a choisi comme parrain.
La médaille de la résistance lui est attribuée à titre posthume le 11 mars 1947, et le 11 février 1948, il est fait Chevalier de l’ordre national de la légion d’honneur à titre posthume.
Enfin, depuis le 26 juillet 1973, la base aérienne 126 de Solenzara en Corse du sud porte le nom de « Capitaine Albert Preziosi ».
Commandant ® BLANC Laurent et Commandant ® Dr. BRUN Christian
