Né le 20 novembre 1923 à Toulon, Vincent Beau est admis à l’École de l’air le 1er octobre 1943 dans la promotion « sous-lieutenant Pomier Layrargues » qui ne sera rassemblée qu’à partir de juin 1944.
Il est alors affecté à l’École supérieure d’électricité de Paris puis au 4ème Bataillon de défense passive à Toulouse le 8 juin 1944. Le 17 juin 1944, il intègre la Section Aérostation de Protection 3/72 à Toulouse.
Passé aux Forces françaises de l’intérieur, en août 1944, il participe à des faits d’armes au sein de la 12ème compagnie des fusiliers de l’air (Corps franc Pommiès). Affecté à la 4ème Région aérienne (Aix-en-Provence) le 23 septembre 1944, il rejoint son affectation le 29 septembre 1944.
Il est nommé au grade d’Aspirant le 1er octobre 1944. Il rejoint le Centre de Perfectionnement du Personnel Navigant (CPPN) de Casablanca le 17 octobre 1944 et pris en compte le 19 octobre 1944.
Il rejoint alors l’École de l’air de Marrakech le 20 octobre 1944 puis les États-Unis le 12 février 1945. Il débarque à New-York le 28 février 1945. Il est alors dirigé sur le centre de Craigfield, en qualité d’élève pilote le 1er mars 1945, puis à l’École de pilotage d’Orangeburg le 15 avril 1945 et au centre de Gunther Field le 1er juillet 1945. Il est nommé au grade sous-lieutenant d’active du personnel navigant le 1er octobre 1945. Il obtient son brevet militaire de pilote d’avion le 27 novembre 1945. Vincent Beau est affecté au centre de rassemblement de Selfridge en vue de son retour en France le 15 janvier 1946.
Il débarque au Havre le 10 février 1946 pour être pris en compte à la base du Bourget le même jour. Il est alors dirigé vers Boufarik (Algérie) le 25 mai 1946 et affecté à l’École de chasse de Meknès le 4 septembre 1946, en qualité de pilote élève. Il est promu au grade de lieutenant d’active du personnel navigant le 1er octobre 1947 et affecté au Groupe de chasse 2/2 Alsace le 4 mars 1948 à Midermendig (Allemagne) en qualité de pilote de chasse en escadrille. En juillet 1949, son unité s’installe à Dijon. Il rejoint l’Escadron de chasse 4/2, puis l’Escadron de chasse 2/2 Alsace et sera l’un des premiers pilotes d’avion à réaction de l’Armée de l’air, obtenant son brevet de chef de patrouille le 1er mai 1950 sur Vampire.
En juillet 1950, il est affecté au groupe de chasse 1/9 Limousin et rejoint le Tonkin en fin d’année. Affirmant ses qualités de chef de patrouille, il effectue des missions d’appui-feu et de bombardement remarquables, notamment sur le camp de Phuont-Thuong et se distingue lors de la bataille de Nghia-Lo. Il est promu capitaine le 20 décembre 1951.
Il est abattu aux commandes de son « Bearcat » (N° 95.050) le 23 janvier 1952 à 14h55 (heure locale) à Hoa-Binh au Tonquin. Sa mission était la protection de parachutage. Dès son arrivée au-dessus de la drop-zone, il attaque au canon une batterie de D.C.A. qui a déjà subi l’effet d’un bombardement au Napalm. Au sommet de la ressource de la 5ème passe, il appelle le poste radio d’Hoa-Binh annonçant que son moteur touché par la D.C.A. est en panne et demande qu’on dégage immédiatement le terrain afin d’y effectuer un atterrissage forcé. Une trainée noire s’échappant de l’avion est observée par l’équipier qui accompagne son Chef de Patrouille dans la prise de terrain. Le lieutenant BEAU essaye de se poser, train rentré, sur la piste dans l’axe 220°. Il décrit un large virage qu’il serre de plus en plus, perdant rapidement de l’altitude et il heurte le sol de l’aile avant d’avoir pu redresser son appareil. L’avion se brise sous le choc et prend feu. Le pilote succombe à 20h15 des suites de ses blessures.
Trois fois cité à l’ordre de l’Armée aérienne, chevalier de la Légion d’honneur, le capitaine Vincent Baud totalisé 1328 heures de vol dont 210 missions de guerre n°2 en 299 heures de vol. La mention « Mort pour la France » lui est attribuée le 29 janvier 1952. Son corps repose au dépositoire d’Haï-Phong.
Chevalier de la Légion d’honneur le 22 janvier 1952
Croix de guerre des « Théâtres d’opérations extérieures » le 22 mars 1952 avec 3 palmes
Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient » le 15 août 1951
Commandant® Dr. Christian Brun
