La « PO » célèbre place d’Armes de la base et de l’École universellement connue de tous. Derrière ces 2 lettres, un As de guerre, 1 Grand Ancien, histoire d’une vie …
As de la Première Guerre mondiale, Georges Pelletier-Doisy consacra sa vie à l’aviation et participa activement à son développement en défrichant les cieux des régions les plus reculées d’Afrique et d’Orient.
Né le 9 mars 1892 à Auch (Gers), il fut très tôt attiré par le métier des armes et s’engage le 23 mai 1910 au 3ème régiment de dragons à Nantes. Par goût du sport et de l’aventure, il se fit affecter le 14 octobre 1912 dans l’aéronautique en tant qu’élève pilote et, après avoir obtenu son brevet le 19 juin 1913, fut muté le 1er juillet suivant dans l’escadrille HF-19, basée à Bron.
La guerre lui donna l’occasion de montrer d’exceptionnelles qualités, et le jeune chasseur révéla dès le début de la campagne un courage exemplaire à l’ordre de l’armée le 2 novembre 1914 et de recevoir la Médaille militaire. Quand se déclara la bataille de Verdun, sous-lieutenant depuis le 27 septembre 1915, il rejoignit sur ce front l’escadrille N-69. Avec son compagnon d’armes Jean Navarre, il volait huit heures par jour, en quête d’avions ennemis à abattre. Quatre victoires officielles constituèrent son palmarès. Retiré des combats le 30 décembre 1917, il finit pourtant la guerre en opération à la SPA-69 où il servit d’exemple aux jeunes pilotes.
À son retour en France, en mai 1920, à l’issue d’un détachement à la mission française d’aviation militaire à Constantinople, il prit un congé de 3 ans. Cela lui permit d’organiser des périples aériens, notamment Paris-Vienne sans escale, Paris-Constantinople, Paris-Bucarest : 3 voyages qui devaient annoncer ces futurs raids.
Réintégrant l’armée en 1922 et affecté au groupe Tunisie, il réalisa rapidement l’exploit de relier Tunis au Bourget, 1700 km, à bord d’un Breguet 14 A2, après 12h15mn de vol sans escale. Puis ce fut le périple Paris-Toulouse-Casablanca-Tunis, 1780 km, performance qui fut amplement relatée et fit qu’il apparut comme le seul pilote capable de réussir le raid Paris-Tokyo. Le 24 avril 1924, en compagnie de son mécanicien Berzin, il prenait le départ à bord d’un Breguet 19 A2. En cent vingt heures de vol, il allait parcourir 20400 kilomètres. Après 20 escales, il atteignit le 9 juin la capitale du Japon.
Promu à cette occasion capitaine, il fut placé à la disposition du sous secrétariat d’État à l’Aéronautique et au Transport.
En 1925, avec le général de Goÿs, il réussit une double traversée du désert sur un Blériot 115 et, en 1926, sur un briquet 19, le Raid Paris-Pékin. Pelletier-Doisy reçu alors la plus haute récompense : le trophée Lafayette que venait de créer la ligne internationale des aviateurs.
À partir de 1928, les missions de guerre lui échurent. Envoyé au Maroc au 37ème régiment d’aviation, il se distingua dans les opérations qu’il mena en tant que commandant en second du 3ème groupe, puis à partir du 25 mars 1930 comme chef de bataillon.
Dans sa carrière, 1933 resta une année privilégiée, puisqu’il participa à la croisière noire en Afrique occidentale et équatoriale, et découvrit ce continent qui devait devenir son principal champ d’investigations. Nommé commandant de l’air en A.O.F., il effectua trois raids importants ainsi que de nombreuses opérations de reconnaissance et de liaison en zone désertique.
En septembre 1936 il fut nommé à la tête de la 25ème escadre à Tunis. Il reprit le commandement de l’air en A.O.F. en février 1938 et fut promu colonel le 15 juin 1939. À partir de 1941, il assura, comme commandant du groupement de transport n° 15, le ravitaillement des troupes du Levant.
Général de brigade aérienne depuis le 1 mai 1945, détenteur des plus prestigieuses décorations françaises et étrangères, Georges Pelletier Doisy s’éteignit à Marrakech le 10 mai 1953.
Colonel (CR) François Mével
