Il avait douze ans quand, à Ambérieux, en 1912, il prenait son baptême de l’air, piloté par Gabriel Wroblewski-Salvez, sur un monoplan de 70 chevaux.
En 1921, il fait son service militaire dans l’aviation, apprend à piloter à Strasbourg. Il est affecté au 37ème régiment d’aviation à Rabat le 17 juin 1921. Il est lâché le 9 juillet après 25 atterrissages effectués en 14 séances représentant 2 heures 30 de vol. Il manque son premier atterrissage, remet la gomme un peu brutalement avec retour de flammes qu’il prend pour le feu mais revient et fait un excellent atterrissage. Voilà déjà une preuve de bons réflexes et d’une maîtrise de soi. Il est alors breveté civil. Le 23 décembre 1921, il obtient son brevet militaire.
Le 5 février 1922, il est nommé caporal. Début février, il est détaché à Istres pour suivre les cours d’élève-pilote.
Ayant été admissible à l’École Navale et recalé à l’oral, il passe élève officier de réserve à Avord le 10 avril 1922 et sous-lieutenant de réserve le 10 octobre de la même année.
Le 3 novembre 1922, il est affecté au 34ème régiment d’aviation et, l’année suivante, le 5 juin 1923, il est libéré du service militaire et se retire au château Saint-Maurice.
Pendant 4 ans il fait des périodes militaires à Villacoublay et à Orly. Il est nommé lieutenant de réserve le 15 janvier 1926.
Il se fait engager comme pilote à la Compagnie Aérienne Française et obtient son brevet de Transport public le 5 juillet 1926. Il entre à la Compagnie Latécoère à Toulouse-Montaudran le 14 octobre.
Il fait ainsi la connaissance de Didier Daurat et d’Henri Guillaumet qui l’initient aux dures exigences de l’Aéropostale. Entre ces trois hommes nait une véritable amitié et complicité alimentées par toutes les épreuves qu’ils vont traverser.
Pendant près de deux ans, Saint-Exupéry sillonne la ligne Toulouse, Casablanca, Dakar en Potez 25.
En parallèle de sa vie professionnelle, en tant que réserviste, le 1er juillet 1927, il est affecté au 34ème régiment d’aviation. L’année suivante, il est mis à la disposition du général commandant supérieur des troupes de l’Afrique occidentale française.
Didier Daurat le nomme chef d’aéroport à Cap Juby en 1928. Il est alors dans des conditions idéales pour se concentrer, rêver et bien évidemment écrire. Mais il n’en oublie pas ses fonctions de diplomate et son positionnement stratégique qui fait de Cap Juby une plaque tournante et un lieu de ravitaillement.
En 1929, il rejoint Buenos-Aires en tant que directeur de l’Aéroposta Argentina qui est une extension de l’Aéropostale.
Le 7 avril 1930 il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur au titre de l’Aviation commerciale.
L’année suivante il assure régulièrement les vols sur le secteur Casablanca-Port Etienne. Il fait ensuite la ligne Marseille-Alger en hydravion durant l’année 1932. En août on le retrouve sur le secteur Casablanca-Dakar.
En 1933, lors du rachat de l’Aéropostale par la compagnie Air France, il n’est pas retenu comme pilote. Il rentre alors comme pilote d’essais chez Latécoère.
Il est engagé en 1934 pour assurer la propagande de la compagnie Air France. Il effectue différentes missions en Méditerranée, en Extrême-Orient, en Afrique et en Amérique. Tous ces voyages sont émaillés d’incidents et d’accidents qui se termineront pour certains par quelques drames.
En parallèle, en 1936, il est réintégré dans les cadres navigant et l’année suivante il est promu capitaine.
En 1939, il est rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale au Bataillon de l’air 101. Il est alors affecté au groupe 2/33 le 26 novembre 1939. Il est mobilisé comme capitaine et depuis janvier il est officier de la Légion d’Honneur. Refusé à la visite PN à 39 ans, il se bat pour obtenir sa réintégration et commence sa transformation sur Potez 63 avant de rejoindre le 2/33. Dans la foulée, il est transformé sur Bloch 174, bimoteur de reconnaissance. Il effectue ses premières missions sur l’Allemagne le 29 mars 1940. Il est cité à l’ordre de l’Armée aérienne et décoré de la Croix de guerre. Il effectue sa dernière mission le 9 juin. Il est à noter que durant la Campagne de France, 17 équipages sur 23 du groupe 2/33 ne sont pas rentrés.
C’est la débâcle. Pour les équipages qui le peuvent, ils traversent la Méditerranée direction l’Afrique du Nord. Saint-Exupéry trouve à Bordeaux un quadrimoteur dérivé du Farman 220. Il décolle de Perpignan pour rejoindre Oran puis Alger-Maison Blanche le 23 juin. Il est rayé des contrôles par démobilisation au mois d’août de la même année.
Déçu par l’ambiance qui règne en Afrique du Nord et son inaction il s’embarque pour les États-Unis et arrive à New York le 31 décembre 1940. Il reste Outre-Atlantique jusqu’en avril 1943.
Il poursuit son travail d’écrivain et produit, entre autres, « Pilote de guerre », « Le Petit Prince », et « Citadelle ». Il continue à travailler à des inventions et dépose 13 brevets.
Les Alliés débarquent en Afrique du Nord le 8 novembre 1942. Après quelques difficultés et grâce à des complicités il arrive à embarquer le 17 avril 1943 pour l’Algérie. Il prend contact avec son unité, le groupe 2/33. Ne remplissant pas les conditions pour piloter un P 38 « Lightning » (limite fixée à 30 ans) il obtient une dérogation du général Eisenhower. Il est nommé commandant le 25 juin et fait sa première mission sur la France en juillet. Après quelques incidents sur son avion, les Américains l’interdisent de vol. Il est alors affecté à la 31ème escadre de bombardement sur B 26 comme observateur et mitrailleur.
Il reprend du service au sein de son unité sur P 38 en Sardaigne le 6 juin 1944. Le 2/33 s’installe alors à Borgo en Corse le 17 juillet. Le 31 juillet, il décolle pour sa dixième mission sur la France, mission de reconnaissance pour le débarquement de Provence. Il n’en reviendra pas. Les circonstances de sa disparition restent inconnues. Il est déclaré « Mort pour la France ».
Commandant ® BLANC Laurent et Commandant ® Dr. BRUN Christian
