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Le bâtiment Testart

Le général Roger Testart

Né à Grenoble le 12 mai 1898, Roger Testart est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le 20 juillet 1916, après des études au Prytanée Militaire de la Flèche.

En 1917, il est aspirant au 408ème régiment d’infanterie. Le 12 novembre, à Bois-le-Chaume, devant Verdun, il a l’épaule brisée par balle et est évacué, après avoir maintenu sa section en première ligne pendant plusieurs jours sous un feu continu d’artillerie et de mitrailleuses, dans des conditions particulièrement pénibles. C’est la première de ses 8 citations ; il a alors 19 ans.

À sa sortie d’hôpital, il est admis dans l’Aviation et obtient son brevet de pilote le 21 septembre 1918. Plus tard, tribut même de la victoire, c’est la dispersion à travers le monde. Son goût et son destin conduisent Testart vers le levant. De 1920 à 1932, il y fait 3 séjours et y mérite, par son courage et son allant, 4 citations.

Le 14 janvier 1921, sur le terrain de Mouslimie, le Breguet 14 qu’il pilotait vient d’atterrir, moteur calé, en bout de piste. Les camarades inquiets se précipitent vers l’avion, mais Testart en est déjà descendu et, tout en soutenant sa main droite, il rit en criant : « Ce n’est rien, le manche seulement ! ». Effectivement, le manche à balai avait été brisé par une balle, mais aussi la main du pilote – ce qu’il oubliait de dire.

Entre ses séjours au levant, il se voit confier un poste important à la commission des essais pratiques de l’Aéronautique. En 1927, il prépare le concours de l’École supérieure de guerre. Il est admis, et breveté en 1930.

En 1932, il est choisi par le ministre de l’Air pour faire partie de son cabinet militaire. Dans ses fonctions délicates, il apporte toute son ardeur, toute sa foi dans notre armée de l’Air naissante.

 

En 1935, il commande le premier groupe de la 63ème Escadre à Marrakech. À son retour du Maroc, en 1937, il effectue un stage d’information en URSS, puis il est nommé professeur à l’École supérieure de Guerre aérienne, où vont s’employer à fond, jusqu’à la déclaration de guerre, ses qualités servies par une expérience étendue.

En 1940, il devient chef du 3ème bureau de la 1ère Armée aérienne. C’est là qu’il est choisi par le Général de Gaulle comme chef de son cabinet militaire.

Il commandera plus tard, en 1942, le groupement de bombardement de Thiès, au Sénégal. Plus que jamais, il travaille, désireux de porter toujours plus haut l’efficacité des belles unités qu’il a sous ses ordres, avec l’espoir certain de pouvoir bientôt entrer dans la guerre avec des équipages entraînés, des avions conservés, des drapeaux intacts.

Dès 1943, il prend part aux opérations avec le 317ème groupe américain basé en Sardaigne en avril 1944, le Général De Gaulle appelle le Général Testart à l’État-major de la Défense nationale. À ce poste, il est le spécialiste des questions d’outre-mer et il doit à ces fonctions d’être affecté en Afrique après la Libération.

Lors d’une mission d’Alger vers Madagascar, le 3 mars 1945, en cours d’étape entre Coquilhatville et Stanleyville (aujourd’hui : Mbandaka et kisangani), le silence fait pressentir la catastrophe, mais ce n’est que le 11, après 8 jours de recherche et d’espoirs chaque soir amoindri, que l’appareil est retrouvé écrasé en pleine forêt équatoriale, en territoire d’Isangui (Congo belge).

Officier de la Légion d’honneur, le Général Roger Testart était titulaire de plusieurs décorations françaises et étrangères.

Colonel (CR) François Mével

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