Back

Le capitaine Louis Astier de Villatte est né le 25 Janvier 1897 à Soturac dans le Lot. Engagé volontaire le 19 mars 1915, il est incorporé au 34ème régiment d’artillerie.

Nommé brigadier le 8 février 1916, il ne tarde pas à se distinguer et obtient sa première citation à l’ordre de la division le 21 Novembre 1916. Il est nommé aspi­rant à titre temporaire le 21 Juillet 1917 et peu de temps après, Louis Astier de Villatte est détaché comme observateur dans l’Aéronautique à l’école du Plessis-Belleville puis à Cazaux.

Sous-lieutenant d’active à titre temporaire le 25 Septembre 1917, il est muté à l’escadrille Breguet 277 le 7 décembre suivant. Il s’attache particulièrement à l’étude des tirs de l’artillerie lourde et aux vols de reconnaissance effectués la nuit. Le 18 décembre 1917, il obtient son brevet d’observateur en avion. Une nouvelle citation à l’ordre de l’Armée cette fois, lui est décernée le 8 février 1919.

Breveté pilote d’avion le 24 février 1927 à l’école d’Istres, il est nommé instructeur à l’École militaire et d’application de l’Aéronautique de Versailles le 25 juin 1928. Promu capitaine le 25 juin 1929, il est affecté au Service Général de ravitaillement en matériel d’aviation et détaché au Cabinet du ministre, bureau des Renseignements. Chargé de la section anglaise, il y rend de précieux services.

Le 13 juin 1934, Astier de Villatte part pour la Turquie comme instructeur à l’école d’aviation d’Iski-Cheir. À son retour, le 14 mai 1935, il est affecté à la 12ème Escadre aérienne et le 20 novembre 1935, il prend le commandement de la 1ère escadrille.

 

Le 19 août 1936, il part en mission à partir de la base d’Istres sur Bloch 200. Quatre hommes d’équipage l’accompagnent : le sergent pilote Cochin, les sergents mitrailleurs Carpentier et Lejeune, le sergent radio Tételin.

Le trajet Reims-Istres devait s’effectuer de jour et le retour de nuit. Lors du voyage retour, vers minuit, un peu avant d’arriver à Reims, le radio transmet le message sui­vant : « Tout va bien à bord. Sommes au-dessus de Brienne. Serons à Reims dans une demi-heure ». Quelques instants après l’appareil s’incline à droite et fait une abattée. Sans perdre son sang-froid le capitaine s’approche du pilote et fait essayer les commandes. Celles de profondeur et de direction fonctionnent normalement mais celle de gauchissement ne répond plus. Il n’est plus qu’à 1300 mètres, le vol ne peut être poursuivi dans ces conditions. Conservant tout son calme et toute sa maîtrise, le capitaine Astier de Villatte réunit dans le poste arrière trois de ses hommes, contrôle la mise en place des parachutes, s’assure qu’ils en connaissent parfaitement le fonctionnement et les fait sauter les uns après les autres par la porte arrière ; trois vies sont déjà sauvées.

Revenant près du pilote, il lui donne l’ordre de sauter à son tour. « Après vous, mon capitaine » lui répond le pilote. Malgré le bruit infernal des moteurs, le capitaine lui répète l’ordre de sauter.

« Je suis le chef de bord et votre capitaine, je vous donne l’ordre de sauter ». Il ajuste le parachute du pilote, prend les commandes à sa place et pendant que le pilote saute par la trappe arrière, le capitaine maintient tant bien que mal l’avion en ligne de vol pour permettre au quatrième sous-officier de sauter dans les meilleures conditions. L’appareil fait une nouvelle abattée. Il est très bas. En faisant sauter tout son personnel, le capitaine Astier de Villatte s’est mis dans des conditions telles qu’il n’a plus aucune chance de sauver sa vie. Toutefois, il essaie de partir par la trappe avant mais, happé par les hélices, i1 arrive avec son avion au sol où il s’écrase.

Ainsi mourait à 39 ans un véritable chef, un officier victime de son devoir et de son dévouement. À ses obsèques la dernière garde d’honneur de sa dépouille mortelle fut montée par ses quatre compagnons qui lui devaient la vie. Le magnifique courage du capitaine Astier de Villatte et l’exemple de sa mort, lui valurent d’être cité à l’ordre de la nation.

Il était chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre, officier de l’Ordre Ouissan alaouite chérifien, et chevalier de l’Ordre de Léopold (Belgique).

error: Ce contenu est protégé !!!