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Albert Mézergues est fils de militaire. Entré, dès l’enfance, à l’école militaire préparatoire d’Autun, il se signale par son ardeur à l’étude et en sort pour s’engager au 12ème régiment de Hussards.

L’aviation militaire en pleine croissance attire à elle quelques caractères d’élite. Le maréchal des logis Mézergues est détaché, sur sa demande, au Centre d’aviation militaire de Reims ; il reçoit, le 28 juillet 1914, le brevet de pilote n° 532.

Puis c’est la guerre. Il rejoint alors le groupe de bombardement n°4, d’abord au sein de la SOP 123 puis de la BR 131. Immédiatement, il s’impose, par des qualités exceptionnelles d’énergie et de courage. La Médaille militaire vient, le 21 octobre 1914, récompenser sa conduite durant les premiers combats. À la fin d’octobre 1915, nous le retrouvons à l’Armée d’Orient. Son endurance et sa bravoure font merveille, aussi, le 12 avril 1916, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Dès son retour sur le front occidental, il redouble d’enthousiasme et de prouesses. Le 22 août 1917, il part en bombardement pour Fribourg-en-Brisgau. Son moteur fonctionne mal et le tir de l’artillerie est très nourri et très précis ; son gouvernail de profondeur est détruit. C’est alors qu’un avion de chasse ennemi l’attaque à bout portant ; une rafale de balles atteint le moteur, qui s’arrête. C’est la panne en territoire ennemi. Il est fait prisonnier et dès son enfermement, il ne songe qu’à l’évasion qu’il réussira six mois plus tard, le 26 février 1918.

Un mois après son retour en France, il reprend sa place au sein du G.B.4 à l’escadrille de bombardement de jour BR 121. Il se révèle, alors, un entraîneur d’hommes. Pour lui, la guerre se termine sur un bilan de tout premier ordre : il avait accompli 129 bombardements, 65 reconnaissances, 39 surveillances de jour comme de nuit, 11 réglages d’artillerie et abattu 6 avions et un dirigeable.

Après la guerre, en 1920, il entreprend le raid Paris-Tombouctou en compagnie du commandant Vuillemin et du lieutenant Dagnaux. A son retour, il part pour l’Armée du Levant, où il fait preuve de qualités de chef exceptionnelles, puis rentré en France, il apprend que le Rif s’agite ; il y court. Il va commander le 37ème Régiment d’aviation à Meknès et combattre contre les troupes d’Abd-el-Krim. II est persuadé que, dans ce conflit, l’aviation peut jouer un rôle déterminant dans le sauvetage puis le soutien de nos troupes submergées. En outre, lui, le vieux pilote, il s’astreint à voler sans cesse comme observateur, et il fait équipage avec les plus jeunes pilotes, les moins confirmés.

Le 14 mai 1925, il accompagne une de ces colonnes, guidant et renseignant ses éléments de tête. Tout va bien. Le poste d’Aoulaï, où le capitaine Duboin tient avec ses Sénégalais depuis près d’un mois, pourra être bientôt dégagé. Mais le destin l’empêchera d’accomplir sa mission jusqu’au bout. Une balle l’atteint au bas ventre. Il s’effondre dans la carlingue. Transporté en avion sanitaire à Fez, il y meurt le lendemain. Telle fut la vie de Mézergues. Toute faite d’enthousiasme et de don de soi, elle fut comme une ascension constante vers un but qu’il s’était fixé, dans un culte toujours plus grand du devoir.

Le commandant Mézergues était commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de Guerre avec 12 palmes, de la Croix de Roumanie et il était officier du Ouissam alaouite et officier du Nicham (Tunisie). Depuis le 15 février 1962, il est inhumé au cimetière Saint-Roch de Salon-de-Provence, dans le carré des militaires morts pour la France.

Commandant© Laurent Blanc et Commandant© Dr. Christian Brun

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