Back
Commandant Robert Thollon, parrain de la promotion EA 1947

Sorti premier de la deuxième promotion de l’École de l’air, Robert Thollon arrive riche de promesses en mars 1939 à la 8ème escadre de chasse. La guerre va rapidement lui permettre de confirmer les espoirs que le remarquable équilibre de ses qualités physiques, intellectuelles et morales ont fait naître.

Engagé dès le 10 mai 1940 dans des combats aériens où la supériorité numérique de l’ennemi est écrasante , il fait preuve d’une maîtrise étonnante. Le 11 mai, il abat un bombardier ennemi, c’est sa première victoire. Il tient tête ensuite victorieusement à 10 monoplaces ennemis. Le 15, il se lance seul à la poursuite de 3 bimoteurs et abat l’un deux après une chasse de 120 kilomètres. Le 17, il sauve sous un feu violent de mitrailleuse un avion laissé sur un terrain. Quelques jours plus tard il abat coup sur coup un Messerschmitt 109 et un Junker 88, et trois jours après il réalise un nouveau doublé en abattant deux Dornier 17. Le 15 juin, enfin, un Junker 88 tombe sous ses coups malgré la protection de chasseurs. Il termine la Campagne de France avec 8 victoires officielles.

Ensuite, c’est dans l’ombre qu’il se prépare à reprendre le combat. Le 1er octobre 1940, il prend le commandement du centre « Jeunesse et Montagne » de Grenoble. A partir de 1942, il est responsable de la résistance en Haute-Savoie, et le 1er juin 1944 passe au maquis avec tout le personnel de l’école et rallie les anciens dans le Cantal. Il ne dispose alors que d’une vingtaine de mitrailleuses. Le 5 juillet, il reçoit un premier parachutage et le 14 un second parachutage effectué dans son secteur par 70 Forteresses lui permet d’équiper complètement ses compagnies dont les effectifs montent rapidement à 800 hommes. Ce sont alors des combats incessants.

Le 7 août, il intercepte au « Pas de Compaing », une importante colonne allemande, fortement armée. Après 5 heures de batailles, les Allemands laissent 30 morts sur le terrain.

Son groupement, connu désormais sous le nom de groupement Thollon ne perd que 4 hommes. Les 11, 12 et 13 août, ce sont les combats du tunnel de Lioran. Pendant 3 jours, il bloque la garnison allemande d’Aurillac qui laisse 50 hommes sur le terrain, et ne peut, finalement, forcer le passage que grâce à l’intervention d’une colonne motorisée venue de Clermont et appuyée par l’aviation. Cette fois ses pertes sont sérieuses.

Du 16 au 19 août, il fait capituler la garnison de Rueyre, où 120 allemands sont faits prisonniers.

Du 22 au 24 août, ce sont les opérations de Saint-Flour où il réussit à ramener intact son groupement pris à revers par une forte colonne mobile allemande dotée d’artillerie et d’autos-mitrailleuses.

Le 2 septembre, il participe à l’assaut de la banlieue lyonnaise et entre le premier à l’Hôtel de ville de Lyon le 3 à 8 heures 15.

Du 7 au 12 septembre Thollon est sur la Loire où il a été appelé en renfort pour participer à l’encerclement des colonnes ennemies. Ses effectifs sont maintenant de 1400 hommes.

Il est chargé du secteur compris entre Digoin et Decize et parvient à « verrouiller » le fleuve le 9 au matin.

Dans la nuit du 9 au 10, les Allemands tentent de forcer le passage à Decize avec une puissante colonne appuyée par de l’artillerie légère et des mortiers lourds.

Luttant pendant 3 heures, ils vont repousser cet assaut de justesse, après avoir fait sauter le pont au moment où l’ennemi avait réussi à prendre pied.

Le 11 au soir, les Allemands capitulent. Une colonne de 18000 hommes se rend au général américain et le général allemand déclare : « L’échec de Decize et la destruction des ponts de la Loire ont été les facteurs déterminants de notre capitulation. »

Le 25 septembre 1944, 2 citations s’ajoutent à sa Croix de Guerre.

Mais la nostalgie de l’avion est trop forte et Robert Thollon reprend son uniforme de capitaine aviateur et prend le commandement du groupe « Patrie » puis « Saintonge » qui appuiera brillamment les Forces de l’Atlantique.

Début 1946, il est affecté comme adjoint au commandant de la 6ème escadre de chasse en Allemagne occupée puis, de mai à décembre, il commande en second la 3ème escadre de chasse dont il prend le commandement dans la foulée.

Un stupide accident de montagne au centre des sports d’hiver de Saint-Anton met fin à ses jours le 24 février 1948.

Major de sa promotion de l’Ecole de l’air, sous-lieutenant en 1938, chevalier de la Légion d’Honneur pour sa conduite pendant la première Campagne de France, titulaire de la Croix de Guerre avec 5 palmes, lieutenant en 1940, directeur de l’école des Cadres des groupements « Jeunesse et Montagne » et capitaine  en 1943, lieutenant-colonel FFI commandant une demi-brigade d’infanterie à 30 ans, titulaire de 2 citations à l’ordre de l’Armée pour son action pendant la seconde Campagne de France à la tête d’un groupe de chasseurs bombardiers. En 1945, il reçoit la médaille de la résistance, la rosette de la Légion d’honneur et la DFC américaine. Robert Thollon, pilote de grande classe, commandant d’escadre de chasse était un chef modeste, héroïque et prestigieux.

Commandant ® BLANC Laurent et Commandant ® Dr. BRUN Christian

error: Ce contenu est protégé !!!