Jacques Lagarde naît le 4 février 1923 à Sérignac, dans le département de Tarn-et-Garonne. Il rentre dans l’Armée de l’air en tant que soldat de seconde classe le 3 mai 1943 en Algérie.
Breveté pilote de chasse en Angleterre en mars 1946, il effectue, à l’issue, un stage à l’École de spécialisation monomoteurs de Meknès. Il est décrit par ses supérieurs comme un soldat accrocheur, désireux de réussir, un bon équipier qui s’adapte parfaitement au travail aérien en unité. Bien que timide, c’est un homme droit, annonciateur d’une bonne carrière. Pilote à la 3ème Escadrille du Groupe de chasse 2/1 Nice à Oran, il participe à de nombreuses missions en Allemagne.
À son retour, il fait un stage de transformation à la 21ème Escadre de bombardement lourd à Mérignac et part à nouveau en Allemagne à Friedrichshafen. Ayant pour objectif de se perfectionner, il va se former au CIET de Toulouse, ainsi qu’à Avord. Il ira finalement à Mont de Marsan pour se spécialiser sur avions à réaction.
Ce parcours lui permettra de se présenter à l’École Militaire de l’air, implantée sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence, avec une expérience solide. Ayant satisfait aux épreuves du concours d’admission, Jacques Lagarde est pris en compte en tant qu’officier par l’Armée de l’air à compter du 5 octobre 1950 et intègre donc la promotion « Capitaine Hubert Petit de Mirbeck ». Il entame son parcours de formation pour devenir officier dans le corps du personnel navigant. À l’issue de cette formation initiale d’officier pilote, il rejoint en janvier 1952 le groupe de marche 1/21 Artois à Oran.
La Guerre d’Indochine fait encore rage et de nombreux soldats français sont appelés. Le groupe de chasse est alors projeté sur la base aérienne 193 de Tourane pour les opérations « Sauterelle » et « Caiman ». Jacques Lagarde se démarque particulièrement les 16 et 18 octobre 1952 au cours de la bataille de Nghia-Lo. Par la rapidité et l’efficacité de ses interventions, il apporte un sérieux appui à ses alliés accrochés par de forts éléments rebelles. Il se distingue par un comportement exemplaire et est qualifié d’excellent pilote souple, calme et précis. Toujours au Viêt-Nam, il a pour mission de défendre le poste de Nghia-La en octobre.
En novembre 1952, le Sous-Lieutenant Jacques Lagarde débute la défense du poste de Ma-San au Tonkin avec le groupe de chasse 1/21 « Artois ». Le 24 décembre, il a pour mission de bombarder une piste aux environs de Muong-Het. Il est alors chef de patrouille, et part avec son équipier, le Lieutenant Virgile Leriche.
Les deux pilotes décollent de Bach-Mai à 16 heures 45. À 12 minutes de vol et environ 15 kilomètres au Nord-Ouest de Hoa Binh (Tonkin), le sous-lieutenant Lagarde décide de passer au-dessus d’une couche nuageuse. Durant la traversée, tout contact est perdu et le chef de patrouille disparait. Le pilote et son avion, tombés en territoire ennemi, ne seront jamais retrouvés. L’hypothèse retenue est la panne de l’instrument de vol sans visibilité horizon artificiel. Ceci aurait provoqué la perte de contrôle de son F8F Bearcat (N° 95-406), qui aurait décroché et percuté un des nombreux sommets pris dans les nuages. Cet accident est classé dans la catégorie « Défaillance du matériel ». Son corps et l’avion ne seront jamais retrouvés. Célibataire, il laisse derrière lui ses parents, son frère et sa sœur, mais également une belle image d’engagement et d’intégrité.
Mort en accomplissant sa mission, le sous-lieutenant Jacques Lagarde totalise 1465 heures de vol et 12 missions de guerre en 106 heures 35 de vol. La mention « Mort pour la France » lui est attribuée.
Il est choisi comme parrain de la promotion 1991 de l’École militaire de l’air.
Décorations
- Ordre national de la Légion d’honneur, chevalier, à titre posthume
- Croix de guerre TOE avec palme (décret du 22.03.1954)
- Cité à l’ordre du Corps Aérien à titre posthume (décret du 27.07.1953)
Cité à l’ordre de l’Armée Aérienne à titre posthume – Croix de guerre TOE avec palme (décret du 27.08.1953)
Commandant® Dr. Christian Brun et aspirant Marie Cros-Coitton (promotion 2020 de l’École de l’air)
